Scoliose idiopathique

Aucun avis ne peut être donné à titre individuel. La Société rejette toute responsabilité quant à l'usage qui sera fait des informations fournies, l'utilisateur et les professionnels de santé étant seuls responsables de la gestion des soins consécutifs.

Sommaire

Cher patient,
Les informations suivantes ont été réunies pour faciliter vos prises de décision. Les graphiques présentent les réponses des membres de Eurospine, l’entreprise européenne spécialiste de Ila colonne vertébrale, considérée comme détenant l'expertise, en Europe, du traitement des pathologies de la colonne vertébrale. Ces informations pourront vous aider à apprendre et comprendre ce que la plupart des spécialistes feraient dans chaque cas précis. Ces informations représentent une approche «rationnelle» de ce type de traitement par les membres de Eurospine, mais elles ne remplacent pas une évaluation prudente de votre situation individuelle. C’est pourquoi, si vous notez une différence significative entre les réponses ci-dessous et l’opinion de votre médecin, vous devrez vous enquérir auprès de votre médecin de ce qui le conduit à prendre cette décision.

Chaque cas précis doit être évalué individuellement. Eurospine et ses membres ne peuvent être tenus responsables d’aucun malentendu (ou d’aucune erreur de diagnostic) sur la base des informations communiquées ici, qui ne visent en aucune manière à remplacer une évaluation ciblée.

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MORPHOLOGIE DE LA COLONNE VERTEBRALE NORMALE
La colonne vertébrale forme le squelette du cou et l’aspect postérieur du tronc (thorax et abdomen). Elle comprend 33 vertèbres (7 cervicales, 12 thoraciques, 5 lombaires et 9 sacro-coccydiennes) qui sont articulées et qui descendent de la tête au pelvis. La zone de la colonne vertébrale qui forme le cou et fait la liaison entre la tête et le tronc comprend sept vertèbres cervicales, désignées par C1 à C7. C1 est en contact avec le crâne et C7 est la plus proche du thorax. La zone de la colonne vertébrale qui occupe la face postérieure du thorax est appelé le rachis thoracique et est composée de 12 vertèbres, désignées par T1 à T12. Chacune des vertèbres thoraciques est associée avec une paire de côtes (droite et gauche). T1 est la plus proche du cou et s’articule avec C7, alors que T12 est la plus proche de l’abdomen. La zone de la colonne vertébrale qui constitue le squelette abdominal est appelé le rachis lombaire et est composée de cinq vertèbres, désignées L1 to L5. L1 est la plus proche du thorax s’articule avec T12, L5 est la plus proche du pelvis. Le sacrum et le coccyx sont deux zones rigides de la colonne vertébrale et comprennent une partie du squelette pelvien. Il existe cinq vertèbres sacrées, désignées S1 à S5, et quatre vertèbres coccydiennes. S1 est la plus proche de l’abdomen et s’articule avec L5, S5 forme une partie de l’extrémité pelvienne de la colonne vertébrale et s’articule avec le coccyx. Les rachis cervical, thoracique et lombaire sont mobiles. Dans ces zones, les vertèbres sont maintenues ensemble par des articulations, des disques et des ligaments.

La colonne vertébrale est droite vue de face ou de dos (plan frontal). Quand elle est vue de profil (plan sagittal), la colonne normale présente quatre courbes, deux avec une convexité postérieure (concave vers l’avant), appelées cyphose, et deux avec une convexité antérieure (convexe vers l'avant), nommée lordose. Les zones cervicale et lombaire sont en lordose et les zones thoracique et sacrale sont en cyphose. On parle communément de lordose cervicale, cyphose thoracique et lordose lombaire.

La SCOLIOSE est une altération de la morphologie normale de la colonne vertébrale.
Colonne vertébrale normale vue de face / de dos
Fig 1
Colonne vertébrale normale vue de profil
Fig 2

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DEFINITION
La scoliose est une courbure latérale ou déviation (à droite ou à gauche) de la colonne de plus de 10º associée à une rotation vertébrale. Dans une scoliose, la colonne vertébrale normale vue de face ou de dos n’est plus droite. Bien que l’anomalie la plus évidente se trouve dans le plan frontal, la rotation vertébrale fait de la scoliose une déformation en trois dimensions. Ainsi, en plus de la courbe latérale, des altérations dans le plan sagittal peuvent également être évidentes tout comme le développement d’une proéminence dans le dos ou bosse.
La scoliose
Fig 3
Bosse costale dans une scoliose
Fig 4

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ETIOLOGIE
La scoliose peut avoir une cause inconnue ou être la conséquence indirecte d’une maladie sous-jacente. La scoliose provoquée par une étiologie inconnue est désignée sous l’appellation de scoliose idiopathique. La scoliose idiopathique touche principalement les adolescentes en bonne santé, mais peut également toucher les hommes (1:7) (scoliose idiopathique de l’adolescent) et à des âges plus précoces: scoliose idiopathique infantile (avant trois ans) et scoliose idiopathique juvénile (entre trois ans et la puberté). Bien que la cause de la déformation spinale reste inconnue, elle pourrait avoir une origine multifactorielle avec des facteurs génétiques et héréditaires jouant un rôle important. Le développement de la scoliose n’a pas été relié à des facteurs posturaux ou nutritionnels, la pratique de sports, à l’utilisation de sacs à dos ni au transport d’un lourd sac de livres. Environ 2 à 3% des adolescents ont une scoliose, mais seulement 0.3 à 0.5% ont des courbes dépassant 20º.

La scoliose secondaire est généralement associée à des maladies neuromusculaires (infirmité motrice cérébrale, poliomyélite, spina bifida, myopathie, etc.) ou à des maladies héréditaires du collagène (syndrome de Marfan, syndrome d’Ehler-Danlos, etc.). Quand la scoliose est liée à une malformation vertébrale, elle est appelée scoliose congénitale.

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HISTOIRE NATURELLE
Le problème le plus important lié à la scoliose est le développement de la déformation et les effets collatéraux qui en résultent. Le risque de développement n’est pas constant dans une scoliose, il varie plutôt selon une série de paramètres. Les facteurs qui peuvent avoir une influence sur le risque de développement dans une scoliose idiopathique sont les suivants:

1. La croissance potentielle du patient
2. L’amplitude de la courbe
3. Le type de la courbe
4. Le sexe du patient

Le potentiel de croissance peut être déterminé sur la base de l’âge du patient, de la maturité de son squelette et de l’apparition des caractères sexuels secondaires ou ménarche (premières règles). Des patients plus jeunes avec un squelette moins mature et une absence de caractères sexuels secondaires et de règles ont un potentiel plus élevé de croissance et courent un risque plus grand de développement de scoliose. Par contraste, plus le potentiel de croissance est faible, plus le risque de développement est faible.
La maturité du squelette est déterminée par l’ossification de la crête iliaque, qui est divisée en cinq étapes. L’apparition des caractères sexuels secondaires a également été divisée en cinq étapes selon le développement mammaire et génital et la répartition des poils pubiens.
Maturité du squelette
Fig 5
L’amplitude de la courbe est généralement évaluée avec une radiographie et un goniomètre. Plus l’amplitude est élevée, plus le risque de développement est important, et vice-versa.
Taille et amplitude de la courbe
Fig 6
Le type de courbe dépend de la zone de la colonne vertébrale affectée. La scoliose est nommée thoracique quand elle est située dans le rachis thoracique et lombaire quand elle est située dans le rachis lombaire. La scoliose thoracolombaire concerne des courbes situées à la jonction des rachis thoracique et lombaire. L’expression double courbe est utilisée en présence d’une courbe thoracique simultanée et d’une courbe lombaire.

Le risque de développement est plus important dans les scolioses touchant les courbes doubles que les courbes simples. La scoliose lombaire comporte un risque de développement moins important que la scoliose thoracique.
Types de scolioses
Fig 7
Sexe: Le risque de développement est plus grand chez les femmes que chez les hommes.

Les facteurs qui définissent le mieux le risque de développement de la scoliose sont le potentiel de croissance et l’amplitude de la courbe. Le risque théorique de développement a été établi sur la base de ces deux facteurs.
Table Peterson, Nachemson JBJS 1995; 77A:823-7

Néanmoins, il faut souligner qu’il est impossible de prédire avec une exactitude totale quelles courbes vont se développer. Et quelles courbes ne le feront pas.

* Chez l’adulte (pour les adultes): Une fois la croissance terminée, le risque de développement est faible ou nul chez les patients souffrant d’une scoliose thoracique de moins de 50º ou une scoliose lombaire / thoracolombaire de moins de 30º. La scoliose idiopathique de l’adulte avec des courbes de plus de 50º peut se développer au rythme de 0.5 à 1º par an.

* Le développement de la scoliose peut impliquer un problème esthétique et conduire à des problèmes fonctionnels. Des désordres respiratoires peuvent se développer dans le cas de courbes supérieures à 80º. Toutefois, les taux de mortalité et le pronostic vital des individus souffrant de scolioses sont comparables à ceux de la population générale.

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DIAGNOSTIC
La scoliose est généralement diagnostiquée par des méthodes radiologiques, mais l’examen clinique peut donner une bonne indication sur l'état du patient.

Caractéristiques de l’examen clinique

Les individus souffrant d’une scoliose présentent souvent un certain type d’asymétrie du tronc. Une épaule peut paraître plus haute que l'autre, il peut y avoir une obliquité au niveau de la taille, ou l’une des omoplates peut être plus proéminente. Le moyen le plus efficace probablement de détecter une scoliose est de demander au patient de se pencher en avant, jambes tendues en pliant la taille (test d’inclinaison en avant). Il est assez facile de détecter des asymétries du tronc en observant le patient de l’arrière pendant qu’il ou elle est dans cette posture, et on peut suspecter une scoliose quand l’asymétrie est évidente.
Bosse costale dans une scoliose
Fig 8

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TRAITEMENT
Le traitement doit être individualisé et devrait prendre en compte le risque de développement de la déformation. Seulement 10% des adolescents ayant des courbes de plus de 10º ont besoin d’un traitement actif. Parmi ceux-ci, 85 à 90% peut être traités avec des méthodes non-chirurgicales.

L’exercice et la physiothérapie ne réduisent pas l’amplitude de la courbe ni le risque de développement, mais ces options peuvent être utilisées comme thérapies adjuvantes pour améliorer la posture et renforcer les muscles.

Le traitement orthésique (orthèse/ appareil) modifie l’histoire naturelle de la scoliose idiopathique de l’adolescent, réduisant le risque de progression. Cependant, comme l’ont démontré les études à long-terme, la correction initiale obtenue avec une orthèse peut disparaître avec le temps. Les orthèses sont très efficaces dans les courbes inférieures à 40º et sont l’un des traitements de choix pour les patients en cours de croissance avec des courbes de 20 à 40º. Seul un petit nombre de patients avec des courbes inférieures à 20º progressent.

La pose d’une orthèse n'empêche pas le développement de la scoliose chez les patients dont la croissance est terminée.

L’opinion d’un spécialiste:
1) Traitement préféré pour une scoliose idiopathique de l’adolescent de 30° chez une jeune fille en croissance
Pas de traitement

0 votes
Observation et contrôle

14 votes
Orthèse

32 votes
Chirurgie

1 votes
Total: 47 réponses de spécialistes
2) Traitement préféré pour une scoliose idiopathique de 30º chez une femme de 25 ans
Pas de traitement

32 votes
Observation et contrôle

11 votes
Orthèse

1 votes
Chirurgie

2 votes
Total: 46 réponses de spécialistes

La chirurgie peut être nécessaire dans les cas de très larges courbes, dans celles qui persistent à se développer, ou à la demande du patient pour améliorer son apparence physique (raisons cosmétiques). La chirurgie peut empêcher le développement et corriger la déformation. Généralement, le chirurgien utilise des implants en métal pour corriger et soutenir la zone de déformation jusqu’à ce que les vertèbres opérées se réunissent (fusionnent).

Le traitement chirurgical est proposé pour des courbes de plus de 60º, ou de 40 à 60º chez les patients en croissance ayant un développement documenté malgré l’orthèse. Les courbes de plus de 40º que le patient considère comme une déformation inacceptable peuvent également être opérées.

L’opinion d’un spécialiste:
3) Traitement préféré pour une scoliose idiopathique de l’adolescent de 65º chez un patient ayant un squelette mature
Pas de traitement

2 votes
Observation et contrôle

3 votes
Orthèse

1 votes
Chirurgie

40 votes
Total: 46 réponses de spécialistes
4) Traitement préféré pour une scoliose idiopathique de l’adolescent de 45º qui affecte l’image de son propre corps chez un patient au squelette mature
Pas de traitement

1 votes
Observation et contrôle

9 votes
Orthèse

3 votes
Chirurgie

33 votes
Total: 46 réponses de spécialistes
5) Traitement préféré pour une courbe de 50º qui se développe chez une adolescente en croissance traitée avec une orthèse
Pas de traitement

0 votes
Observation et contrôle

0 votes
Orthèse

3 votes
Chirurgie

43 votes
Total: 46 réponses de spécialistes

L’observation et le contrôle périodique sans traitement actif sont recommandés pour des patients ayant un potentiel de croissance et une scoliose de 10 à 20°.

L’opinion d’un spécialiste:
6) Traitement préféré pour une scoliose idiopathique de 15º chez une enfant de 10 ans préménarchale
Pas de traitement

0 votes
Observation et contrôle

42 votes
Orthèse

4 votes
Chirurgie

0 votes
Total: 46 réponses de spécialistes

Le but de la chirurgie des déformations de la colonne vertébrale est de redresser la colonne et d’empêcher le développement. On peut réaliser une correction et une fixation à l’aide d’implants métalliques (généralement des tiges et des vis/crochets/câbles). La fusion osseuse garantit une stabilité permanente.
La chirurgie de la scoliose
Fig 9
Fig 10
Les tiges sont pré-courbées dans la position désirée et fixées à la colonne vertébrale. En appliquant des forces à la colonne vertébrale flexible, on réalise une correction de la courbe.
Les principes de correction chirurgicale
Fig 11
Correction opératoire d’une scoliose rigide
Fig 12
Dans les cas de courbes rigides qui résistent aux forces correctives (par ex. la scoliose de l’adulte), il faut d’abord mobiliser la colonne vertébrale pour faciliter la correction. Il est important d’équilibrer la colonne vertébrale dans le but d’optimiser le résultat et éviter une surcharge des muscles.
Equilibre de la colonne vertébrale
Fig 13
Déséquilibre de la colonne vertébrale
Fig 14
La sécurité pendant une intervention chirurgicale sur la colonne vertébrale
Les corrections des déformations de la colonne vertébrale impliquent un risque considérable de lésions du système nerveux. Une modification de la relation entre l’os et la moelle épinière peut provoquer des dommages irréversibles sur les structures nerveuses par compression ou allongement. La surveillance intraopérative multimodale permet l’enregistrement en direct du fonctionnement de la moelle épinière et des nerfs. Cette technique représente une avance considérable dans les mesures de sécurité et la réduction des risques pendant une intervention chirurgicale sur la colonne vertébrale.
Fig 15
© Le texte ci-dessus, les chiffres et données sont la propriété de EuroSpine®, the Spine Society of Europe et ne doivent pas être reproduits ni utilisés d’aucune autre manière.

EuroSpine, octobre 2007